1 janvier 2026
Congé supplémentaire de naissance : ce qu'il faut savoir
Depuis le 1er juillet 2026, chaque parent peut prolonger de un à deux mois sa présence auprès de son nouveau-né grâce au congé supplémentaire de naissance : voici comment en profiter sans mauvaise surprise.
Par Sonia Mulder · Gestionnaire de paie

Le congé supplémentaire de naissance permet à chaque parent, la mère comme le père ou le second parent, de s'arrêter un ou deux mois de plus après l'arrivée de l'enfant. Il s'ajoute aux congés maternité, paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption, sans les remplacer. Il est entré en vigueur le 1er juillet 2026.
Bonne nouvelle, donc. Mais avant de poser vos dates, mieux vaut connaître les règles de prise, le niveau d'indemnisation et ce que ce congé ne couvre pas.
À ne pas confondre avec le congé de naissance de 3 jours, payé par l'employeur et réservé au père ou au second parent salarié. Ce congé de 3 jours est obligatoire et précède le congé de paternité et d'accueil de l'enfant. Le congé supplémentaire de naissance, lui, vient après tous ces congés.
L'essentiel en bref
| Pour qui ? | Chaque parent, sans condition d'ancienneté |
| Pour quels enfants ? | Nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026 |
| Durée | 1 ou 2 mois, en une ou deux fois |
| Quand ? | Début au plus tard 9 mois après la naissance |
| Indemnisation | 70 % puis 60 % du salaire plafonné |
| Prévenance | 1 mois (15 jours dans certains cas) |
Qui peut en bénéficier ?
Le congé est ouvert sans condition d'ancienneté chez l'employeur. Il faut en revanche remplir les conditions d'ouverture des droits aux indemnités journalières de la Sécurité sociale (activité, durée d'affiliation), les mêmes que pour les congés maternité et paternité.
Peuvent en bénéficier :
- les salariés du secteur privé ;
- les agents publics des 3 fonctions publiques, militaires et personnels médicaux compris ;
- les travailleurs indépendants : artisans, commerçants, professions libérales, praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés, dirigeants ou conjoints collaborateurs ;
- les salariés et non-salariés agricoles ;
- les artistes auteurs ;
- les demandeurs d'emploi ;
- les stagiaires et les étudiants de 2e et 3e cycle en médecine, odontologie, pharmacie et maïeutique.
Les deux parents sont concernés
Le congé s'adresse à la mère, au père et à la personne en couple avec la mère (conjoint, partenaire de Pacs, concubin), ainsi qu'aux parents adoptants. C'est un droit individuel et non transférable : chaque parent dispose du sien.
À partir de quand ?
Créé par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, le congé est entré en vigueur le 1er juillet 2026. Ses modalités ont été précisées par plusieurs décrets publiés au Journal officiel le 31 mai 2026.
Il concerne les parents d'un enfant né ou adopté à compter du 1er janvier 2026. Un enfant né prématurément avant cette date, mais dont la naissance était prévue à partir du 1er janvier 2026, ouvre aussi droit au congé.
Enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026
Le délai de 9 mois court à partir du 1er juillet 2026 : le congé doit donc débuter avant le 1er avril 2027.
Comment et quand le prendre ?
Dans les 9 mois
Le congé doit débuter au plus tard 9 mois après la naissance ou l'arrivée de l'enfant au foyer. Il ne peut commencer qu'une fois terminés les congés maternité, paternité et d'accueil de l'enfant ou d'adoption auxquels le parent a droit. Pour les travailleurs indépendants, il suffit d'avoir pris la période minimale de ces congés.
En une ou deux fois
Chaque parent peut prendre 1 ou 2 mois. Les 2 mois peuvent être pris d'un bloc ou fractionnés en deux périodes d'un mois. Les parents peuvent s'arrêter en même temps ou en alternance.
Les démarches
Salariés. Informez votre employeur au moins un mois avant le début du congé, en précisant la date de début, la durée et, en cas de fractionnement, les dates de chaque période. Ce délai est ramené à 15 jours si le congé suit immédiatement un congé de paternité et d'accueil de l'enfant ou un congé d'adoption.
La demande se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise en main propre. Le ministère du Travail propose un modèle de courrier sur code.travail.gouv.fr. L'employeur transmet ensuite l'information à la CPAM : en principe, le salarié n'a pas d'autre démarche à faire.
Indépendants, artistes auteurs, salariés de particuliers employeurs. La demande se fait sur le téléservice demarche.numerique.gouv.fr, jusqu'à la veille du début du congé.
Demandeurs d'emploi. Prévenez France Travail au moins un mois avant (15 jours si le congé suit un congé de paternité), puis faites la demande sur le même téléservice. Les allocations chômage sont suspendues pendant le congé, puis rétablies ensuite.
Astuce : anticipez dès la grossesse pour caler vos dates avec votre employeur, surtout si vous souhaitez enchaîner les congés.
Quelle indemnisation ?
Dans le secteur privé, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières de naissance, qui maintiennent une partie du revenu. Le barème est le même pour la mère et pour le père ou le second parent :
| Période | Indemnisation (salariés) |
|---|---|
| 1er mois | 70 % du salaire plafonné |
| 2e mois | 60 % du salaire plafonné |
Le salaire retenu est celui des 3 derniers mois précédant le congé, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale (4 005 € par mois en 2026). Les agents publics relèvent de règles propres à leur fonction publique.
Les angles morts à connaître
Ce congé a un coût caché : plusieurs droits ne sont pas maintenus pendant l'absence.
- Retraite : les droits sont maintenus uniquement si vous prenez les 2 mois. En dessous, pas de cotisation retraite sur la période.
- Congés payés : la période n'ouvre pas droit à des congés payés.
- Mutuelle et prévoyance : pas de maintien automatique. La couverture continue seulement si l'acte fondateur du régime le prévoit, avec un maintien financé par l'employeur ou un paiement intégral de la cotisation par le salarié. Le point mutuelle mérite une vérification avant le départ.
Intéressement, participation, 13e mois : à vérifier
L'impact du congé sur ces éléments dépend des accords et de la convention collective de chaque entreprise. Avant de partir, renseignez-vous auprès de votre service RH :
- Intéressement et participation : la période d'absence est-elle prise en compte dans la répartition ?
- 13e mois et primes annuelles : sont-ils proratisés en cas d'absence ?
- Autres avantages : primes d'objectifs, tickets restaurant, ancienneté.
En résumé
Le congé supplémentaire de naissance est ouvert à chaque parent, sans condition d'ancienneté, pour tout enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026. Il dure 1 ou 2 mois, doit débuter dans les 9 mois suivant la naissance et est indemnisé à 70 % puis 60 % du salaire plafonné.
Avant de le poser, vérifiez trois choses : votre délai de prévenance, le maintien de votre mutuelle et l'effet sur vos primes. Et si vous le pouvez, prenez les 2 mois pour préserver vos droits à la retraite.
Pour aller plus loin
- Congé de naissance : montant, durée et conditions (info.gouv.fr)
- Entrée en vigueur du congé supplémentaire de naissance : quelles sont les modalités pratiques ? (service-public.gouv.fr)
- Congé supplémentaire de naissance (ameli.fr)
- Congé supplémentaire de naissance d'un salarié du secteur privé (service-public.gouv.fr)
- Congé de 3 jours pour la naissance ou l'arrivée d'un enfant dans le secteur privé, à ne pas confondre avec le congé supplémentaire (service-public.gouv.fr)
- Décrets n° 2026-419, n° 2026-425 et n° 2026-426 du 30 mai 2026 relatifs au congé supplémentaire de naissance (legifrance.gouv.fr)